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1° En quête d'indépendance : Le Kosovo, le sport comme moyen de reconnaissance

Alors que tous ces voisins des Balkans sont devenus indépendants à la suite de la dislocation de la Yougoslavie à la fin du 20ème siècle, le Kosovo a dû attendre 20 ans pour déclarer officiellement son indépendance en 2008.

 

Le Kosovo est un pays ou un territoire d’Europe du Sud peuplé de 1,8 millions d’habitants partageant la majorité de sa frontière avec la Serbie et l’Albanie mais aussi avec la Macédoine du Nord et le Monténégro. Le territoire du Kosovo s’étend sur 11 000 km², soit l’équivalent du Nord Pas de Calais.

 

Malheureusement pour elle, beaucoup de pays ne le reconnaît pas comme un Etat indépendant : en effet ni l’ONU ni l’UE ne reconnaît le Kosovo encore considéré comme une province autonome de Serbie. Actuellement, dans le monde sur les 193 membres de l’ONU, seul 92 figurent sur la liste des pays reconnaissant l’indépendance du Kosovo.

 

Revenons en arrière pour comprendre son statut si particulier. 

·       1918, le Kosovo est rattaché à la Serbie

A la suite de la 2nde guerre mondiales les peuples slaves décident de s’allier pour former la Yougoslavie. Le Kosovo, rattaché à la Serbie depuis la 1ère guerre mondiale est de fait inclus sans son avis dans cette union slave.

Dès la fin des années 80, les habitants du territoire kosovar demande le statut de république au même titre que les autres membres de la Yougoslavie. Cependant, les serbes menés par l’autoritaire Milosevic décide d’employer la force dans les provinces autonomes et républiques liées à la Serbie comme la Voïvodine ou le Monténégro. Ainsi, l’autonomie constitutionnelle du Kosovo lui fut retirée.

 

·       1ère déclaration d’indépendance avortée

 

En réaction des chefs politiques albanais, ethnie majoritaire dans ce territoire décidèrent de proclamer l’indépendance totale du pays en 1991 après référendum. Cette déclaration survint au même moment où la Yougoslavie complète se déchirait avec une grande violence. Alors que les slovène et les croates obtinrent leur indépendance, les kosovars furent réprimés par le sang.

En 1997, alors que la majorité de ces voisins ont obtenu l’indépendance, le Kosovo par la biais de l’Armée de Révolution du Kosovo entra en guerre contre ce qu’il restait de la Yougoslavie, c’est-à-dire la Serbie et le Monténégro. Alors que des milliers  de civils kosovars furent massacré, l’OTAN intervenu pour forcer les troupes de Milosevic de quitter le territoire ; ce dernier fut placé sous administration des Nations Unies. Ensuite, pendant 10 ans, le statut de la région fut très flou, l’ONU affirmait le caractère provisoire de son statut tout en assurant l’intégrité territoriale de La Serbie-Monténégro.

·       2008, proclamation d’indépendance

Frustré de ce statut et soutenu par les Etats-Unis, le parlement de la province déclara en 2008 : «  Nous proclamons l'indépendance du Kosovo, État indépendant et démocratique […] À partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique, nous sommes désormais un État indépendant, libre et souverain »

Dans les jours suivants, un certain nombre de pays dont les États-Unis, la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni  ont reconnu l'indépendance du Kosovo malgré les protestations de la Serbie. Le Conseil de sécurité de l'ONU est quant à lui divisé sur la question : la Russie, grande alliée de la Serbie et la Chine ont jugé la déclaration d'indépendance du Kosovo illégale. Sans l’aval du conseil de sécurité, le Kosovo de peut pas obtenir l’intégration à l’ONU. La monde bipolaire Russie-USA semble perdurer.

 

Aujourd’hui, la Kosovo tente corps et âme d’obtenir cette reconnaissance face à la Serbie qui fait tout pour l’en empêcher. Alors que toutes les institutions politiques tel que l’UE ou l’ONU ne reconnaissent pas le Kosovo comme Etats indépendant, plusieurs organisation sportives l’ont fait en 2016. 

 

Ainsi, le Kosovo va utiliser le sport comme moyen d’émancipation.

·       L’admission au JO, vecteur de transmission national

En 2015, le Comité International Olympique (CIO), organisateur des Jeux Olympiques a admis le Kosovo dans son organisation. Cette reconnaissance sportive lui donne une voix pour affirmer son indépendance et militer pour sa reconnaissance.

Dès 2016, les athlètes kosovars ont pu, devant des millions de téléspectateurs défiler sous leur drapeau à Rio de Janeiro, lors des Jeux Olympiques.

Lors des JO 2016, la judoka Majlinda Kelmendi a offert au Kosovo sa première médaille d’or. Cette victoire à eu un retentissement internationale, devenant un message d’espoir pour tout un peuple et une jeune génération kosovar en quête d’émancipation.

 

Les JO de Tokyo l’an passé furent également fructueux pour le petit pays puisqu’il y ont rapporté 2 médailles d’or alors même qu’ils disposaient de la plus petite délégation du tournoi, composée de 11 athlètes seulement. Cet exploit a permis au Kosovo de se placer 42ème au classement des médailles, au coude-à-coude avec son ennemi Serbe et devant certains de ces voisins comme la Bosnie, le Monténégro ou l’Albanie.

·       L’émergence du football comme tremplin à la reconnaissance du Kosovo

Dans le football le football, le Kosovo est aussi sur un pied d’égalité avec les autres Etats. Effectivement, en 2016, le Kosovo a été admis à la FIFA et à l'UEFA, fédérations internationales de football.

Selon Odile Perrot « le football est vu par les Kosovars comme un tremplin pour arriver à une reconnaissance et pour favoriser la coopération, créer des amitiés et arriver à des relations plus apaisées avec ses voisins. ».

En 2018, le Kosovo a surpris tous les observateur de football lors de sa campagne en Ligue des Nations. Bien qu’étant un membre tout nouveau, classé tout en bas du classement FIFA, le Kosovo le Kosovo a brillamment remporté son groupe de Ligue D composé de l’Azerbaïdjan, de Malte et des Îles Féroé lui permettant entre autres de concourir au barrage de l’Euro football, compétition reine de l’UEFA. Bien qu’ayant perdu d’un petit but face à la Macédoine du Nord, le Kosovo a marqué les esprit du foot européen et compte bien continuer dans cette voie là pour obtenir la reconnaissance internationale qu’elle convoite tant.

 

EN quelques années, le Kosovo est parvenu à se hisser à la 111ème place du classement FIFA mondial. Cette fulgurante progression a même été récompensé en 2018 par une troisième place au Best Mover of the Year, prix décerné par la FIFA récompensant les équipes ayant le plus progressé en une année au sein du classement FIFA.

 

La reconnaissance olympique et footballistique du Kosovo permettent de légitimer la question de la nationalité kosovar : tous les joueurs nés ou ayant des parents nés au Kosovo pourront intégrer les rangs de cette sélection. Cette règle primaire du sport international offre une identité nationale à ce territoire.